Partir au Japon était un rêve. Découvrir un mode de vie et un art de vivre très éloignés de ma culture. Et une crainte : comment mon tempérament latin allait-il s’acclimater à cette culture zen et ordonnée ? Je l’ai réalisé en visitant, pendant huit jours, trois villes très contrastées : Tokyo, Kyoto et Hakone.
Suivez-moi, en respectant la file.

Par Nicolas Imbert

TOKYO EN QUATRE JOURS

DÉPAYSEMENT ET GIGANTISME

Découvrir Tokyo, c’est explorer une ville magnifique de contrastes, de paradoxes, de superlatifs : immense, ultramoderne, frénétique. Les centaines de gratte-ciel et de tours gigantesques, aux écrans géants lumineux, qui s’étendent sur une surface vingt fois plus grande que Paris, contrastent avec les temples, sanctuaires, pagodes et quartiers anciens, pittoresques, aux petites ruelles charmantes et exotiques ressemblant à des villages. Cette mégalopole est à la fois exaltante, envoûtante et déroutante pour celui qui ne parle pas un mot de japonais.
Quatre jours et 50 kilomètres à pied à un rythme soutenu auront suffi à en percer quelques mystères.

La baie de Tokyo et le mont Fuji La baie de Tokyo et le mont Fuji

CULTURE

Le quartier Ueno est avant tout un très grand parc pour non seulement se ressourcer, mais aussi contempler les œuvres des grands musées, par exemple celles exposées au Musée national de Tokyo, visiter des temples, un marché en plein air et même un zoo. En avril, c’est dans ce parc que vous irez admirer les nombreux cerisiers en fleur. Sortez du parc par le nord et baladez-vous dans Yanaka, un quartier d’artistes, bordé de temples et de maisons en bois.

Le temple bouddhiste de Sensō-ji Le temple bouddhiste de Sensō-ji

SHOPPING

Le quartier chic de Ginza/Nihonbashi reste un incontournable avec ses boutiques de luxe (immeubles Hermès, Chanel, Uniqlo), ses mégastores (Sony) et ses grands magasins : parcourez les allées de Mitsukoshi Ginza au sous-sol, c’est un mélange de Grande Épicerie et de Lafayette Gourmet. Puis arpentez le Dover Street Market pour trouver le vêtement ou la pièce unique que personne n’aura. Enfin, rapportez des souvenirs chez Tokyu Hands, le temple de la ménagère (vaisselle et ustensiles de cuisine, papeterie, sacs à dos, parapluies rigolos, bottes en caoutchouc stylées, etc.).
Découvrez le marché aux poissons de Tsukiji qui, normalement, ne se trouve plus à Ginza en décembre 2016 mais doit déménager à Toyosu. Lorsque nous y sommes allés, outre la criée au thon, le marché extérieur proposait une multitude de produits à grignoter (marchands de brochettes) ou à rapporter : couteaux, bottes, poissons séchés, vaisselle…
Nous avons déjeuné dans l’un des « bouis-bouis » de l’allée 7, à deux pas de la criée où se succèdent de minuscules restaurants proposant, au comptoir face au chef, des menus à base de sashimis, sushis ou chirashis. Presque partout il y a du monde car c’est bon, rapide et peu cher. Choisissez la queue où il y a du monde, gage de qualité.
Descendez Omotesandō, la grande avenue des marques de luxe, mix des Champs-Élysées et de l’avenue Montaigne, revue et corrigée par des architectes qui ont conçu les magasins de luxe comme de véritables œuvres d’art. Baladez-vous dans les petites ruelles parallèles, vous découvrirez des marques de créateurs.

Le marché aux poissons Tsukiji Le marché aux poissons Tsukiji

FRÉNÉSIE

Bain de foule garanti à Shibuya : amusez-vous à traverser plusieurs fois son célèbre carrefour aux multiples passages piétons, en évitant les vagues successives de centaines de jeunes Japonais. Levez la tête pour vous étourdir d’écrans géants et de lumières, poussez les portes des restaurants, cafés, cinémas, shoppings ultra-tendance et pénétrez dans les assourdissantes salles de jeux vidéo.
Shinjuku, il faut y aller la nuit. C’est un condensé de Pigalle et des Grands Boulevards avec ses nombreuses enseignes lumineuses et ses néons. Prenez le métro : la gigantesque station de Shinjuku vaut le détour. Vous entrerez chez Isetan, le grand magasin, pour faire du shopping et dévorer des yeux son espace alimentation. Puis vous vous rendrez danas le quartier hot et vivant de Kabukichō pour ses bars, cabarets, clubs à hôtesses et restaurants yakitoris.
Faites un petit tour rapide dans le quartier d’Akihabara, fréquenté par les amateurs de mangas, de figurines et de jeux vidéo, les passionnés d’électronique et de produits de pointe. Quasi unique au monde, il représente bien l’une des multiples facettes de l’étonnante culture japonaise.

Le célèbre carrefour de Shibuya Le célèbre carrefour de Shibuya

Tradition

Le quartier Harajuku où, à l’écart du monde, vous visiterez le sanctuaire shintoïste Meiji- Jingū, situé au milieu du parc Yoyogi. Vous passerez sous les imposantes portes en cyprès (torii), vous vous promènerez le long de ce chemin bordé de chênes, de surprenants tonneaux de saké, puis prendrez en photo les processions de mariages, avec les mariés vêtus de leurs kimonos et abrités sous un parasol géant, suivis par famille et convives.
Asakusa est un quartier pittoresque, quadrillé par de petites ruelles bordées de commerçants, de restaurants, représenté par le plus vieux temple bouddhiste de la capitale, le Sensō-ji, avec ses pagodes et sa grande rue bordée de petits magasins vendant des souvenirs. Dans le temple, pour 100 yens, vous jouerez à la loterie pour obtenir un bon ou un mauvais présage (moi, je suis tombé sur le présage « dois devenir raisonnablement riche », donc j’imagine gagner au Loto, non à l’Euromillions…). Le problème, c’est que vous n’êtes pas seul, donc au bout d’un moment vous irez prendre un peu de hauteur – 450 mètres – à la Tokyo Sky Tree, qui culmine à 634 mètres. La vue est dingue, votre vertige vous rappellera aux bons souvenirs de Burj Khalifa à Dubaï.

Les tonneaux de saké à l’entrée du sanctuaire Meiji-jingū. Les tonneaux de saké à l’entrée du sanctuaire Meiji-jingū.

 

OÙ DORMIR ?

HÔTEL AMAN

aman

au centre de tous les points d’intérêt de Tokyo

L’enseigne Aman a ouvert il y a tout juste deux ans. Son nouvel opus, installé du 33e au 38e étage de la tour d’Otemachi, offre une vue époustouflante sur la mégalopole de Tokyo et, comme décor de fond, le mont Fuji (à 140 kilomètres de la ville !). Dès la réception, située au 33e étage, les volumes impressionnent : voûte gigantesque de 30 mètres de haut par 40 mètres de long, lumière abondante. Et telle l’auberge traditionnelle du Japon, appelée ryokan, les matériaux subliment l’espace : pierre, bois de camphre et papier washi.
Les 84 chambres et suites, ultramodernes et spacieuses (à partir de 71 mètres carrés), disposent toutes d’une vue fascinante. Voir Tokyo d’en haut est un luxe dont vous pourrez jouir depuis votre furo, la baignoire de bain japonaise, ou allongé dans votre lit.
Mais le meilleur est pour la fin : vous profiterez d’une magnifique piscine couverte de 30 mètres de long avec vue, et irez vous faire bichonner dans l’une des huit salles de soins de l’Aman Spa. Le restaurant est italien et mérite qu’on s’y attable. En dormant à l’Aman, vous deviendrez plus calme, plus serein, et en perdrez votre sens latin.

Aman Resort
The Otemachi Tower,
1-5-6 Otemachi, Chiyoda.
Tél. : +81 (0)3 5224 3333.
www.aman.com/resorts/aman-tokyo/
Chambre à partir de 550 euros
en Deluxe Room.

HÔTEL PENINSULA TOKYO

luxe, calme et sérénité
Idéalement situé entre Ginza et le Palais impérial, il est un havre de paix pour les voyageurs qui souhaitent découvrir le raffinement à la japonaise.
Dès le hall d’entrée, qui met en valeur son lustre de 1 313 ampoules LED en cristal ou des œuvres artistiques (le Peninsula Tokyo possède près de 1 000 œuvres d’art de 60 artistes, dont 90 % sont japonais), la signature est là. Ne manquez pas The Void, une sculpture lumineuse composée de 24 cônes en acier inoxydable, pesant 80 kilos chacun. Les chambres Deluxe sont meublées dans les tons terre et gris et comprennent un grand salon et une table à manger. Après une journée à parcourir la ville, prenez de la hauteur en montant au 24e étage, territoire illuminé du sky bar, pour boire un verre en vous émerveillant des lumières de la ville. Puis dînez au Peter : outre ses délicieuses grillades, ses poissons, ses coquilles saint-jacques d’Hokkaïdo, le restaurant propose l’expérience wagyu, un bœuf d’une tendreté et d’un goût qui sont l’illustration parfaite du raffinement culinaire japonais.
Notez enfin que le transfert depuis l’aéroport peut se faire en Rolls Royce Phantom, ce qui ne manquera pas d’amuser les portefeuilles non percés.

The Peninsula
1-8-1 Yurakucho, Chiyoda.
Tél. : +81 (0)3 6270 2888.
www.tokyo.peninsula.com/ja/default
Chambre à partir de 365 euros.

Le ryokan Hakone Takumidi Yado Yoshimatsu Le ryokan Hakone
Takumidi Yado Yoshimatsu

Une escapade d’une journée à hakone

Hakone, c’est le Deauville des Tokyoïtes qui viennent prendre leur temps, à une heure de train de Tokyo, à l’ombre du mont Fuji.
Arrêtez-vous à la gare d’Hakone-Yumoto (depuis la gare d’Odawara), prenez un taxi jusqu’au port de Hakone-Machi-Ko. Embarquez à bord d’un bateau kitsch et traversez le magnifique lac Ashi en admirant, par temps clair, les paysages et le mont Fuji. Prenez le téléphérique jusqu’à Owakudani, la valley of hell, formée après une éruption volcanique ancienne, d’où jaillissent désormais des nuages de vapeur d’eau et des fumées de soufre. Dégustez les fameux œufs durs de couleur noire, puis prenez le train jusqu’au musée d’Art contemporain en plein air, à 200 mètres de la gare de Chokoku-no-Mori. En pleine nature, vous déambulerez au milieu de plus de 120 sculptures modernes et contemporaines étonnantes d’artistes japonais et européens reconnus et d’un « musée » Picasso sur deux étages.

Un endroit pour dormir ?
Le Ryokan Hakone Takumino yado Yoshimatsu avec son onsen et son dîner gastronomique en onze plats.
www.takuminoyado.com
Environ 600 euros la nuit et le dîner pour deux.

QUELQUES INFOS PRATIQUES POUR MIEUX VOYAGER

AU DÉPART :

Quatre choses essentielles à prévoir :

• Louer un pocket wifi pour vous aider à vous déplacer car tous les panneaux sont en japonais et les Japonais parlent peu l’anglais. Nous sommes passés par le site www.vivrelejapon.com. Vous le récupérez à l’aéroport de Tokyo, muni de votre mail de confirmation, reçu quelques jours auparavant.Pass

• Acheter un Japan Rail Pass (7, 14 ou 21 jours), bien utile pour relier, sans limitation, les différentes villes du Japon en train rapide (Shinkansen). Compter environ 250 euros pour une semaine par personne, en seconde classe (l’équivalent de notre première classe TGV).

• Acheter un adaptateur pour brancher vos appareils.

• Acheter un billet Air France dont l’aéroport de destination est Haneda (trente minutes du centre-ville en taxi) et non Narita (une heure trente du centre-ville). Vol A/R à partir de 815 euros en éco et 3 753 euros en business pour douze heures de vol.

À L’ARRIVÉE :

Taxi : se déplacer en taxi n’est vraiment pas rentable au Japon. À titre d’exemple, relier l’aéroport de Narita au centre de Tokyo coûte plus de 200 euros… Et comme Tokyo est gigantesque, vingt fois plus grande que Paris, si vous ne vous déplacez qu’en taxi, cela peut devenir hors de prix.
Donc il faut se déplacer en métro ! C’est d’ailleurs très économique (environ 280 yens, soit 2,40 euros) et très simple car mathématique : choisir l’une des 13 lignes de métro, représentées par une lettre – G comme Ginza ou H comme Hibiya –, puis choisir le chiffre correspondant au nom de la station. Et le prix de votre ticket variera en fonction du nombre de stations que vous aurez parcourues.
Fausse bonne idée : louer une voiture. D’abord, c’est très compliqué de se repérer ; ensuite, il y a beaucoup d’embouteillages ; enfin, Tokyo n’est pas Paris, il n’y a que très peu d’emplacements pour se garer ou stationner.

Trois comportements à respecter
Enlever ses chaussures lorsqu’on pénètre dans un ryokan.
Respecter les files d’attente, ne pas chercher à doubler, même si l’envie devient irrésistible.
Échanger sa carte de visite professionnelle, en respectant ce miniprotocole : la présenter avec les deux mains, tout en s’inclinant légèrement. Vous verrez, on s’y fait très vite.

CUISINE

Voici les quelques restaurants que nous vous conseillons en fonction de vos envies.

TOKYO

ENVIE DE STREET FOOD

lobster

Luke’s Lobster : 100 mètres de queue pour obtenir un sandwich moelleux au homard du Maine. Impensable en France !
Les Tokyoïtes aiment dîner dans la rue, devant les échoppes ambulantes.

http://lukeslobster.jp/#/news
Carte : environ 10 euros.

ENVIE D’UN ISAKAYA (BISTROT)

gonpachi-paysage

Le restaurant Gonpachi Nishi-Azabu : théâtre d’une scène du film Kill Bill de Quentin Tarentino.

www.gonpachi.jp/nishiazabu/?lang=en
Carte : environ 50 euros.

ENVIE DE SUSHIS ET SASHIMIS(poissons crus)

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Allée 7 au marché Tsukiji , dans l’un des minuscules restaurants.


Carte : environ 20 euros.
Chez Sushi-sho, l’un des meilleurs endroits pour sublimer des pièces uniques de sushi.
Yorindo Building 1F, 1-11 Yotsuya, Shinjuku-ku.
Carte : environ 100 euros.

ENVIE DE PLATS À EMPORTER

Au sous-sol du grand magasin Mitsukoshi Ginza (104-8212 4-6-16, Ginza, Chuo-ku).
Au sous-sol du grand magasin Isetan Shinjuku (160-0022 3-14-1, Shinjuku).

ENVIE DE GYOZAS (raviolis)

Harajuku Gyoza-ro : au comptoir, des gyozas grillés ou à la vapeur, accompagnés d’une salade de sojas marinés. Simple et succulent.
6-4-2 Jingumae, à 100 mètres de l’Oriental Bazaar sur Omotesando.
Carte : environ 20 euros.

ENVIE DE TEMPURAS (beignets tout en finesse)

Kondo : simplement le meilleur pour faire croustiller légumes et fruits de mer.

5 Chome-5-13 Ginza.
Carte : environ 100 euros.

ENVIE D’UN TEPPANYAKI (plaque pour cuire les aliments)

Restaurant Teppanyaki Ten à Shibuya : pour son homard cuisiné (torturé ?) vivant sur la plaque chauffante.
2F, 2-23-12 Dogenzaka,
Shibuya-ku.
www.teppanyaki-ten.com
Carte : environ 90 euros.

KYOTO

DU YUBA CHEZ SEIKE

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Une machiya (maison en ville) insolite, qui met à l’honneur le yuba, la peau qui se forme à la surface du lait de soja quand il bout.
Dans une atmosphère confortable, votre verre de saké froid à portée de main, s’enchaînent une multitude de petites assiettes composées de leur ingrédient principal, le yuba : émietté fin de yuba avec du wasabi, soupe yuba et légumes de saison, un assortiment de yuba sushis (Hassun), des yuba sashimis, le yuba steak, aussi fin que le bœuf wagyu, accompagné de sauce sésame et sauce soja ; puis le yuba shabu, sorte de fondue japonaise dans laquelle on fait tremper du… yuba et enfin le fameux gâteau au lait de soja.

Kyoto Yuba Seike (Nishijin)
234 Yakushicho, Omiyadori, Imadegawa, Kamigyoku.
Tél. : +81 (0)75 468 8487.
http://seike-yuba.com
Carte : environ 60 euros.

UNE FONDUE CHEZ NISHISAKA

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Un restaurant kaiseki en plein cœur de Gion pour déguster, entre autres, le shabu-shabu, la fondue japonaise à base de fines tranches de bœuf.
Le shabu-shabu est une fondue japonaise servie dans une marmite que l’on vous apporte sur la table, selon le même principe suivant : on chauffe au gaz le bouillon dans lequel on trempe du tofu, du chou, quelques champignons et des pâtes japonaises. Vous saisissez ensuite à la baguette les fines tranches de bœuf et les plongez quelques secondes dans le bouillon, puis vous les relevez de sauce soja. C’est tellement bon et addictif que toutes les tables qui nous entouraient ont passé la même commande.

Nishisaka
Shijosagaru, Hanamikoji, Gion.
Tél. : +81 (0)75 533 2433.
Carte : environ 100 euros.

Et aussi pour des sushis :
www.gankofood.co.jp, une excellente chaîne de restaurants que nous vous recommandons.

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