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Sofia Coppola

Avec Les Proies, qui sortira sur les écrans français le 23 août prochain, la réalisatrice américaine signe son sixième long métrage. Elle revient pour nous sur son métier et son amour du cinéma.

Votre dernier œuvre, Les Proies, est un remake d’un film de Don Siegel, qui date de 1971. Pourquoi faire une nouvelle version ?
Je me souvenais très bien de ce film, mais c’est un de mes amis qui m’a glissé à l’oreille l’idée d’en proposer une nouvelle version. L’histoire de ce soldat recueilli pendant la guerre de Sécession par un groupe de femmes qui n’ont pas vu d’hommes depuis longtemps me semblait intéressante à traiter, mais du point de vue de ces femmes, et non de celui du personnage masculin (Clint Eastwood), comme c’était le cas dans le film original. Mon film est vraiment différent du premier.

Vous avez tourné le film en 26 jours. C’est très court. Était-ce pour des raisons financières ?
Oui, c’est un film à petit budget, donc on a dû faire vite. On a travaillé dur et ce fut plutôt intense.

Aux États-Unis les temps sont plus difficiles qu’avant pour les films indépendants ?
Oui, en ce moment les studios font la part belle aux grosses productions, c’est beaucoup plus compliqué de trouver des fonds pour financer des projets moins commerciaux, des films moins formatés.

L’esthétique du film nous rappelle le style visuel de David Hamilton, avec ces tons pastel, ces paysages et ces jeunes filles en fleurs. Il y a même un coté girly. Vous l’assumez ?

(Rires.) Non, c’est mon style à moi, j’adore cet esthétique-là : la nature, les filles, les costumes, et puis le coté gothique de ce manoir isolé avec tous ces chandeliers.

Virgin Suicides, Marie-Antoinette et maintenant Les Proies, tous ces films sont très girl power, ils soulignent le pouvoir des femmes. Vous vous considérez comme une artiste féministe ?
Pas particulièrement, même si je connais et que je célèbre la force des femmes.

Dans votre filmographie, y a-t-il un film qui vous raconte ou vous ressemble ?
Tous mes films ont un écho particulier en moi, car ils correspondent à différentes périodes de ma vie.

En quoi la réalisatrice que vous êtes a évolué depuis ses débuts ?
J’ai pris confiance en moi et je suis davantage mes instincts en me disant que, si un sujet m’intéresse, il y a des chances qu’il intéresse aussi le public.

Vous êtes la fille de Francis Ford Coppola. Est-ce que cela vous prédestinait à devenir cinéaste ?
Pas vraiment car, plus jeune, j’étais essentiellement intéressée par la mode et le design et je cherchais à évoluer dans un milieu différent que celui de ma famille. Puis, à 25 ans, j’ai réalisé un court métrage et j’ai compris que le cinéma était un moyen d’incorporer beaucoup de choses que j’aimais dans la vie et que je pouvais m’y exprimer pleinement.

Un mot sur votre prix de la mise en scène à Cannes ?
Je suis honorée évidemment, d’autant que j’ai vécu des moments forts à Cannes. Je m’y suis rendue toute petite avec mon père. Mon premier film, Virgin Suicides, a été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 1999, j’y ai présenté plusieurs autres films et j’ai aussi été membre du jury. J’adore Cannes et les journalistes français m’ont toujours soutenue.

Les Proies de Sofia Coppola, avec Colin Farrel, Nicole Kidman, Kirsten Dunst. Sortie le 23 août 2017.

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