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Zita Hanrot, le charme ambivalent

Elle joue le rôle de Sihem, jeune toxicomane qui rencontre Céleste, avec qui elle vit une relation d’amitié à la fois fusionnelle et destructrice dans La fête est finie
de Marie Garel-Weiss.

Êtes-vous addict ?
Oui, à la cigarette. Depuis dix ans, j’en fume une dizaine par jour. J’essaie de réduire et, surtout, de me forcer à ne fumer qu’à partir de 13 heures. Aujourd’hui, j’ai envie d’arrêter. Ça me dégoûte : le goût, l’odeur. Mais j’avoue que c’est très dur.

Aviez-vous déjà été dans un centre de désintoxication ?
Non, jamais. La fête est finie a été tourné en studio. Mais, pour le film, j’ai assisté à plusieurs réunions de personnes dépendantes au tabac. Ça m’a semblé important de faire des rencontres pour m’inspirer dans mon rôle.

À qui voleriez-vous un brin de talent ?
Je ne volerais rien à personne, mais je dirais plutôt que je m’inspirerais de certains acteurs qui ne me ressemblent pas : Adèle Exarchopoulos, par exemple. Elle a une façon d’être qui me fascine. On a l’impression que les choses se font toujours facilement pour elle. J’aimerais avoir ce côté sauvage et libre. J’ai également découvert, dans la série TV Stranger Things, une jeune actrice de douze ans, Millie Bobby Brown. Elle a un jeu sensible, puissant. J’ai l’impression qu’elle se jette dans la scène sans trop se poser de question. Je peux aussi citer Melissa McCarthy, actrice de comédie américaine. Pour le coup, je lui volerais bien son flot de paroles et son sens du rythme !

Comment décririez-vous votre personnage ?
Sihem est dans le contrôle d’elle-même. Elle est assez silencieuse et a du mal à verbaliser les choses, à se laisser aller. Mais, le jour où elle rencontre Céleste, sa carapace se fissure.

Qu’avez-vous de commun avec Sihem ?
Parfois, j’ai du mal à dire les choses, comme elle. Je dirais que j’ai souvent tendance à me protéger et à materner mes amis.

Et Céleste, comment est-elle ?
C’est un petit moustique excité. Elle parle fort et beaucoup. Elle est extrêmement spontanée, peut-être trop parfois. Elle est vivante, drôle. Elle déborde d’énergie.

Relation charnelle ou amicale entre elles ?
C’est avant tout une relation d’amour sans sexe, un amour ultime et fusionnel, mais aussi une histoire d’amitié forte. Je trouve que cela raconte bien l’ambiguïté de ce type de sentiment. À 13 ans, j’ai été déçue par trois amies. J’ai redoublé, je partais dans un autre collège. Elles m’ont laissée tomber. Ça m’a blessée. J’ai vécu ça comme un chagrin d’amour.

Qu’est-ce que vous refuseriez de jouer ?
Je suis prête à tout jouer, à tout vivre. Mon réalisateur préféré est Lars von Trier. Dogville est un chef-d’œuvre. J’aurais adoré jouer dedans.

Quel est le film que vous n’oublierez jamais ?
Edward aux mains d’argent de Tim Burton m’a traumatisée. J’étais trop petite quand je l’ai vu. Il me faisait peur.

Qu’est-ce que vous redoutez le plus dans la vie ?
De perdre les gens que j’aime et d’être rejetée.

Votre leitmotiv ?
Depuis quelque temps, j’essaie de me dire que j’aimerais être plus bienveillante et tendre avec les autres. Quand je suis arrivée à Paris, il y a sept ans, ça a été difficile. Je ne comprenais pas la ville. Je m’énervais souvent. Je trouvais tout l’environnement violent, en tout cas plus dur qu’à Marseille, la ville d’où je viens. J’essaie maintenant d’être plus sereine, de moins me mettre en colère.

 

La fête est finie de Marie Garel-Weiss, avec Zita Hanrot, Clémence Boisnard et Coralie Russier. Sortie en salles le 28 février.

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